Si cela était encore peu répandu ces dernières années, investir dans les conteneurs est une niche qui se révèle de plus en plus attractive. Cependant, pour profiter au mieux de cette opportunité, il est important de faire les bons choix. Cela nécessite notamment une bonne connaissance de l’activité et le déploiement d’un certain nombre de stratégies. Découvrez dans ce dossier, des explications, ainsi que des conseils et astuces pour investir intelligemment dans les conteneurs.

Investir dans les conteneurs : les fondamentaux

Afin de bien cerner le type de placement quelque peu insolite que représente l’investissement dans les conteneurs, il est important de bien comprendre quelques fondamentaux.

Qu’est-ce qu’un conteneur ?

Dans le secteur du transport, les conteneurs, ou containers, sont de grandes boîtes en métal de forme parallélépipédique qui permettent de transporter des marchandises. L’un de leurs principaux atouts est leur robustesse. Ils offrent en effet une durée d’utilisation pouvant atteindre 15 ans en fonction du modèle, de l’usage et de l’entretien qui en est fait.

Ces caissons métalliques sont également multimodaux. Ils possèdent en effet des pièces de préhension au niveau de tous les angles qui favorisent l’arrimage et le transbordement d’un véhicule à un autre. De plus, des parois d’acier doux nervurées sont utilisées pour assurer une meilleure rigidité de ces « emballages ». 

Ces derniers possèdent également des portes munies de joints pour assurer la fermeture sur une extrémité. Notez enfin qu’ils entrent dans le champ des normalisations ISO (International Standard Organization).

Aperçu global du marché des conteneurs ?

Le développement des échanges internationaux par voie maritime a significativement contribué au développement du marché des conteneurs. Ces derniers sont d’ailleurs devenus des outils importants du développement de la mondialisation. Ainsi, de nombreuses sociétés de fabrication de containers comme CIMC (China International Marine Containers) et Singamas (deux grandes sociétés chinoises) ont vu le jour.

Dans le même temps, des sociétés de gestion et de location de conteneurs, telles que Touax, ont également été créées. Ainsi, en seulement 10 ans, la circulation de containers dans le monde a connu une augmentation de plus de 74 %. 

A partir de 2020, l’apparition de la pandémie de la Covid-19 a entraîné une complète désorganisation de la « supply chain » de conteneurs. Mais par la même occasion, cette situation offre de nombreuses opportunités d’investissement aux acteurs extérieurs à ce marché. 

Investir dans les conteneurs : le guide détaillé

Comment investir dans les containers ?

Pour investir dans les conteneurs, plusieurs options sont envisageables. Voici les plus courantes :

Acheter des containers pour les louer/revendre

Il s’agit de la première option pour investir dans cette niche. L’objectif ici est d’acquérir des conteneurs en gros et de les louer chaque mois aux compagnies maritimes par l’intermédiaire de sociétés comme Touax. A chaque fois que vos conteneurs d’expédition sont utilisés, vous gagnez ainsi de l’argent. A terme, il est également possible de les revendre en vue de réaliser une plus-value.

Jusqu’à peu, pour réaliser ce type d’investissement, il fallait prévoir entre 1 et 2 millions d’euros. Ce qui n’est clairement pas à la portée de toutes les bourses. Pour parer à cela, des fonds communs de placement à risques (FCPR) ont été créés. Ils réunissent des investisseurs avec des tickets d’entrée beaucoup plus raisonnables. Il est ainsi possible aujourd’hui, d’investir dans les conteneurs à partir de 10 euros.

Le rendement offert par cette formule d’investissement est d’environ 7 % sur une période de 10 ans. 

Cependant, divers frais sont à prévoir. Il s’agit entre autres :

  • Des frais d’entrée (4 %) ;
  • Des frais de gestion (3,2 %) ;
  • Des frais de performance très élevée (5 % au-delà de l’objectif).

Par ailleurs, même si cet investissement peut être relativement rentable, vos fonds restent bloqués pendant 10 ans. De plus, la rentabilité de votre investissement est directement liée à l’état du PIB mondial, du commerce mondial et du trafic maritime.

Créez un espace de stockage

Après un certain nombre d’années, les conteneurs ne sont plus utilisables pour le transport maritime. Néanmoins, ils peuvent être recyclés et utilisés comme des espaces de stockage. Ainsi, si vous disposez d’un terrain nu, vous pouvez y installer un ou plusieurs containers afin de proposer un service de stockage.

Dans les zones très urbanisées, les besoins en matière de stockage des particuliers sont sans cesse croissants. Des sociétés comme Homebox se sont lancées depuis quelques années dans cette filière et témoignent de son fort potentiel. Le marché reste toutefois très ouvert et un positionnement est assez aisément envisageable. 

Pour cela, une étude approfondie de l’offre et la demande locales sont nécessaires. De même, la mise en place d’une bonne stratégie de lancement est requise. Pour info, le montant du loyer pour un box de stockage varie fondamentalement en fonction de la taille des conteneurs et du lieu de leur entreposage. En moyenne, la recette par box loué varie ainsi entre 50 € et 150 € par mois.

Aménagez des conteneurs habitables

Les maisons containers ont le vent en poupe ces dernières années. Ce sont des constructions modulaires formées de plusieurs containers maritimes neufs ou d’occasion. Concept d’architecture contemporaine très apprécié, les constructions de ce type sont également une formule d’investissement plutôt intéressante. 

Elles sont notamment très demandées sur les chantiers de travaux où elles font office de bureau et/ou de dortoirs pour les ouvriers. De plus en plus de commerces modernes utilisent également les conteneurs aménagés comme sites de ventes. Cependant, bien que ces derniers soient économiques et surtout rapides à installer, il faut préciser que leur largeur réduite limite quelque peu les possibilités d’aménagement.

Par ailleurs, avant de procéder à l’installation d’un conteneur sur votre terrain, assurez-vous que ce dernier est constructible. Si ce n’est pas le cas, vous devez impérativement adresser une demande d’autorisation d’installation auprès de la mairie. La réponse dépendra essentiellement du plan d’urbanisation de la ville.

Aussi, pour assurer la sécurité des usagers de votre conteneur, vous devez vous assurer que celui-ci n’a pas auparavant servi à transporter des matières polluantes. Enfin, pour aménager un container habitable, vous devez respecter certaines normes techniques comme la norme RT 2020 qui impose une division par trois de la consommation énergétique des nouvelles constructions.

Lire aussi : Comment bien investir dans l’immobilier ?

Investir dans les conteneurs : le guide détaillé

Combien coûte un conteneur ?

Afin de choisir l’option d’investissement qui correspond le mieux à vos besoins et à vos objectifs, il est important d’avoir une idée du prix d’achat d’un conteneur. Celui-ci varie notamment en fonction de la taille, du modèle et de l’âge du caisson métallique. Assez logiquement, un conteneur de 2,5 mètres de haut sur 2,29 mètres de large sera plus cher qu’un plus petit de 2,35 mètres de largeur et 2,39 mètres de hauteur.

Pour vous procurer un container maritime importé depuis la Chine par exemple, il faut prévoir entre 2 500 et 5 000 euros. Il existe également des conteneurs d’occasion de classes A, B et C :

  • Classe A : Cette catégorie regroupe les containers ayant déjà quelques années d’existence, mais disposant toujours d’une structure étanche et respectant les normes requises. Ceux-ci coûtent généralement entre 2 000 et 2500 euros ;
  • Classe B : On classe ici les caissons d’environ 15 ans et généralement encore étanches. Pour vous les procurer, vous devez prévoir entre 1 500 et 2 000 euros ;
  • Classe C : Pour les conteneurs de cette catégorie, l’étanchéité du caisson n’est pas garantie. Le prix de vente moyen est de 1 400 euros. Il faut cependant prévoir certaines dépenses supplémentaires pour rendre ces caissons utilisables. 

Comment choisir son conteneur pour investissement ?

Avant de procéder à l’achat d’un conteneur, assurez-vous que celui-ci est agréé CSC (convention sur la sécurité des containers). Cet agrément doit provenir d’un organisme reconnu mondialement tel que le Bureau Veritas.

Une plaque CSC valide pour 5 ans est alors fixée à l’une des portes du conteneur pour témoigner de sa conformité aux diverses exigences et normes. Cela permet son utilisation multimodale. 

Précisons toutefois que si vous souhaitez proposer des services de stockage ou aménager votre conteneur en appartement, ces contraintes ne vous concernent pas.

Investir dans les conteneurs : attention aux arnaques !

Suite à de nombreux signalements de la part des épargnants, l’AMF (Autorité des marchés financiers) recommande au grand public une vigilance accrue face aux propositions d’investissement dans les containers d’expédition. En effet, de nombreuses personnes mal intentionnées n’hésitent pas à contacter les particuliers au téléphone ou par email, afin de leur présenter des offres de placement financiers apparemment rentables et sans risque.

Après avoir consulté les informations relatives au placement proposé sur une plateforme, les victimes sont alors invitées à :

  • Signer un bulletin de souscription ;
  • Signer un contrat de location ;
  • Souscrire à un livret avec versement d’intérêts ou à un compte à terme.

Il s’agit en fait de documents factices. En réalité, aucun conteneur (acquis ou loué) ne se trouve derrière les offres frauduleuses de ce type. 

Afin d’éviter d’être victime de ces arnaques, il est important de respecter quelques règles de prudence, pour éviter types de déconvenues. Gardez notamment à l’esprit qu’il n’y a pas de rendement élevé sans risque élevé.

Avant d’investir dans les conteneurs, il est donc important de prendre le temps d’analyser les diverses propositions sans céder à la pression ou à l’appât du gain facile. Prenez toujours la peine de vérifier l’existence légale des entreprises derrière ce genre de propositions. Méfiez-vous également des demandes de transfert d’argent vers des pays n’ayant aucun rapport avec la société ou situés hors de l’espace économique européen.